Les impacts du projet Koniambo passés au crible
Lu dans les Nouvelles Calédoniennes :
À la demande de Koniambo Nickel SAS, l’IAC (Institut agronomique calédonien) a chargé Sonia Grochain, docteure en sciences sociales, d’une étude sur les impacts socio-économiques du projet d’usine. Les préoccupations de la population tournent autour de trois axes : les impacts environnementaux, l’économie et l’emploi.
Quel est le sentiment de la population quant au développement économique lié à l’usine du Nord ? C’est la question à laquelle a voulu répondre la province Nord, il y a deux ans. Elle a donc diligenté une étude qui vient de sortir sous la forme d’un opuscule intitulé « Les sociétés locales face aux défis du développement économique ». De son côté, KNS n’est pas resté inactif et a sollicité l’IAC pour une étude sur les impacts socio-économiques du projet d’usine.
Sonia Grochain, jeune docteur de la côte Est, a été recrutée pour la réaliser. Elle vient de livrer les conclusions d’une étude prévue sur vingt-quatre mois.
Partant de la genèse même du projet d’exploitation de nickel - « un patrimoine historique du peuple kanak qui doit être mis au profit de toute la collectivité et devenir un patrimoine national » -, la jeune femme a présenté une synthèse des onze études réalisées depuis 2002 sur le contexte socio-économique de la zone VKP (Voh, Koné, Pouembout). S’appuyant sur des chiffres de 1996, elle a notamment fait une projection du chiffre de la population qui devrait passer de 8 200 personnes (le chiffre actuel) à un peu plus de 15 500 en 2015 avant de redescendre à 10 500, courant 2018.
« Les femmes craignent d’être exclues des emplois liés à la mine »
Elle a également évoqué les principales préoccupations de la population, à savoir les impacts environnementaux, l’économie et l’emploi. « Les personnes enquêtées souhaitent que soient minimisés les impacts négatifs sur l’environnement et que des études supplémentaires soient réalisées. Beaucoup craignent aussi l’impact sur les réserves en eau potable dont la quantité est déjà limitée. »
Concernant le développement économique, les principaux enjeux sont liés à ce qu’apportera le développement économique (57 %) et aux effets sur les activités économiques traditionnelles (59 %) ainsi que sur les marchés locaux (33 %), provinciaux et nationaux (10 %).
Pour ce qui est des emplois, pas de surprise. Les personnes interrogées considèrent qu’ils devraient être offerts « avant tout aux gens de la région et que ceux-ci doivent savoir comment s’y préparer ». Si l’éducation, la formation et l’impact du projet sur la jeunesse représentent les principaux enjeux, il est aussi beaucoup question des femmes « qui craignent d’être exclues des emplois liés à la mine alors que leurs moyens de subsistance traditionnels disparaissent ».
Sonia Grochain a achevé sa présentation par la création de l’observatoire socio-économique qui, selon elle, « permettra de créer des conditions favorables pour anticiper les principaux risques sociaux et/ou répondre par la recherche de solutions négociées ». Il devra, pour être efficace, remplir plusieurs conditions comme la transparence, l’indépendance, une certaine envergure, et surtout associer toutes les communautés. En conclusion, la docteure en sciences sociales a insisté sur le rôle de KNS, « un rôle de réussite du projet, mais aussi un rôle de réussite sociale ». Christine Ragaj









août 29th, 2008 at 11:27
[…] Un grand blanc se balade dans nos eaux. Il est probablement en inspection pour vérifier qu’on s’occupe bien du lagon. Quand il va voir le dragage pour Koniambo Nickel SAS à Vavouto, ( un article à lire sur ce sujet édition du 29 août LNC) il ne va pas être content. J. P […]