Le poète à la gifle

Son dernier poème :

J’ai tellement rêvé de toi
J’ai tellement marché, tellement parlé,
Tellement aimé ton ombre,
Qu’il ne me reste plus rien de toi,
Il me reste d’être l’ombre parmi les ombres,
D’être cent fois plus ombre que l’ombre,
D’être l’ombre qui viendra et reviendra
Dans ta vie ensoleillée.

1945

L’histoire de la gifle sur WIKiPEDIA

robert-desnos-182.jpgDurant l’Occupation, il continue à écrire dans la presse, notamment dans le quotidien fondé par Henri Jeanson Aujourd’hui. Quand ce journal prend une orientation collaborationniste, il décide d’y rester et d’essayer de continuer à utiliser sa plume de journaliste pour essayer d’inviter ses concitoyens à la dignité et à l’espoir. Cela, des critiques moqueuses par exemple de Louis-Ferdinand Céline, une gifle au collaborateur Alain Laubreaux (qui avait insulté Jean Marais) lui valent des inimitiés qui tentèrent de le faire passer pour juif, à une époque où cela équivalait à être déporté dans des camps d’extermination. Son activité journalistique lui permet surtout de couvrir ses activités de résistant actif : il est membre du réseau AGIR et de l’équipe des Éditions de Minuit, fondées par Vercors.

Extrait du site la libération des camps

En 1934, il adhère au Comité de vigilance des Intellectuels antifascistes et à l’Association des Écrivains et Artistes Révolutionnaires.
Il abandonne son pacifisme pour l’action antinazie. Il part se battre dans l’armée française en 1939-40 :

« J’ai décidé de retirer de la guerre tout le bonheur qu’elle peut me donner : la preuve de la santé, de la jeunesse et l’inestimable satisfaction d’emmerder Hitler. » (Lettre du 20 janvier 1940 à Youki)

la-derniere-photo-de-desnos.jpg

C’est la dernière photo de Robert Desnos

Robert Desnos meurt le 8 juin 1945, dans le camp de Theresienstadt, en Tchécoslovaquie.

2 Responses to “Le poète à la gifle”

  1. Joël Paul » Blog Archive » Ernest, Alin et les autres (acte II) dit:

    […]             ─ Un truc que j’ai écrit. Mais revenons aux collabos. Tu peux être sûr que même si nous souffrons moins (qu’il prononçait moince) ici. Nous les provençaux, nous sommes avec vous. On a su pour Desnos. Il l’aurait vendu aux boches, lui ou quelqu’un de sa clique. Je peux te dire que cela suffit à les condamner. Pagnol cracha par terre. Ernest eut la confirmation que les français étaient vraiment dégueulasses. Il répondit après avoir attendu que Pagnol eut essuyé sa bouche de son revers de manche. […]

  2. Joël Paul » Blog Archive » La fourmi de Robert Desnos dit:

    […] Robert Desnos (Chantefables et Chantefleurs) […]

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