|
|
 |
A l’île des Pins, la tradition des pirogues à voile est restée vivace. Héritières des grandes pirogues double des ancêtres, ces gracieux oiseaux de mer déploient leurs ailes blanches tous les matins, de la baie de Saint-Joseph à la baie d’Upi.
Les fameuses pirogues sont des répliques simplifiées des anciennes pirogues à deux coques de l’île des Pins. Autrefois il fallait être plusieurs, ne serait-ce que pour changer la bôme de côté à chaque virement de bord. Nous allons nous offrir une balade jusque dans un lieu magique et sacré, un sanctuaire : la baie d’Upi.
|
En ce jour de grandes marées basses, le ciel est instable. Des percées de soleil alternent avec de brèves ondées qui courent sur la baie de St Joseph. Mais les piroguiers sont là et nous prêts à prendre la large. Albert hisse sa voile et son petit foc à l’aide d’un ingénieux gréement. La pirogue frémit et s’arrache au sable à la première tension sur le bout. |
 |
|
|
|
 |
L’embarcation avec tous ses passagers file allègrement à 5 ou 6 nœuds. Le chenal s’élargit devant l’un des plus beaux spectacles du monde. Ce matin la baie d’Upi se décline en vert, bleu, noir. Entre la presqu’île d’Oro et les terres de Ouatchia, les poissons polychromes tournent tranquillement autour des patates de corail. Plusieurs raies et tortues plongent à notre approche, surprise par la pirogue silencieuse.
|
Elle contourne les rochers verticaux qui se dressent dans la baie, sentinelle du sanctuaire, figure tutélaires sculptées par la nature, du temps où seul les dugongs et les tortues régnaient sur l’île. Nos cris d’admiration dérangent quelques grands aigles qui s’envolent vers le large. Nos yeux ont pris la couleur bleu vert du lagon que nous n’avons plus envie de quitter. Nous apprenons ainsi qu’il existe au moins 5 espèces de tortues, 16 espèces de crabe… |
 |
|
 |
Nous sommes aussi pêcheurs et quand nous quittons les pirogues, c’est pour aller aux jardins. Et sur l’île, grâce à la solidarité traditionnelle, nous avons moins besoin qu’ailleurs.» C’est d’autant plus vrai en cette saison de labours, alors qu’il faut préparer les champs afin de planter les ignames dés qu’elles auront germé. Beaucoup se trouvent sur les hauteurs de l’île, de ce bout de la grande terre parti en éclaireur vers le sud, cette proue de pirogue qu’est l’île des Pins. Là-haut, sur les contreforts du pic Ngâ , hommes et femmes remuent la terre et élèvent des billons en vue des grandes coutumes qui auront lieu en mars, à la récolte des ignames. Ces marins cultivateurs perpétuent la tradition millénaire au cœur de l’immensité. Les yeux plissés par le vent et la lumière, là entre ciel, terre et mer, on comprend pourquoi ils veulent que cette beauté et cette harmonie durent éternellement. Puis c’est le retour, avec des images plein les yeux certes le temps n’était pas réellement de la partie mais comme ils disent « il fait toujours beau à l’ile des Pins ». Croyez-moi cette balade vaut le coup. pour en savoir plus |
This entry was posted
on Jeudi, août 28th, 2008 at 8:57 and is filed under Flash infos.
You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed.
You can leave a response, or trackback from your own site.