Jean-françois Vernay et le roman aborigène

« Il existe peu d’auteurs de romans mélanésiens » extrait des Nouvelles calédoniennes du 29 janvier 20110
Jean-François Vernay a tenu une conférence à Paris sur le roman aborigène. Il estime que le roman est « peut-être un carcan trop restrictif pour la créativité » des cultures orales aborigène et mélanésienne.

jean-francois-vernay.jpgLes Nouvelles Calédoniennes : En quoi le roman aborigène se distingue-t-il du roman australien non-aborigène ?
Jean-François Vernay : Le roman aborigène se démarque du roman australien non aborigène par sa prose très militante. Le roman est presque un prétexte pour faire passer des messages très politiques. Par exemple, Alexis Wright, qui a reçu pour Carpentaria le prix Miles Franklin, l’équivalent australien du prix Goncourt, est très militante. Elle parle d’industriels qui volent la terre pour une exploitation minière. Les Aborigènes commencent à s’approprier le roman. Mais leur culture est plus proche de la poésie, du chant, des mythes et des contes. Par ailleurs, il y a une réelle difficulté pour eux de se faire publier. Ils ne s’expriment pas de façon très bonne en anglais et les éditeurs doivent donc faire de nombreux rectificatifs sur les manuscrits. Cela a un coût important.

Peut-on faire un parallèle entre la littérature aborigène et la littérature kanak pour ce qui est du style romanesque ?

Il existe peu d’auteurs de romans mélanésiens, si ce n’est Déwé Gorodey. Peut-être que le roman mélanésien tarde à prendre son essor parce que la forme littéraire du roman ne convient pas. Elle représente un carcan trop restrictif pour la créativité. Les règles y sont plus strictes que dans l’oralité. Par exemple, dans le roman aborigène, on constate qu’il y a souvent des histoires dans l’histoire. L’écriture est un peu filandreuse et il est donc difficile d’avoir une intrigue dominante. On peut se perdre facilement dans un roman … suite sur LNC

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