Les mystères de l’écriture Maya
Comment écrire Maya ? extrait d’un article de Jean-Michel Demetz, publié le 30/07/2010 à 07:00 sur le site l’Express.fr
Les Mayas adoraient varier les types d’écriture. A titre d’exemple, le glyphe du souverain Pakal. Il peut être représenté, à la manière d’un rébus, par un bouclier car pakal signifie bouclier. On peut aussi l’écrire avec les syllabes phonétiques pa, ka, la. Lesquelles peuvent être combinées et dessinées différemment selon les endroits. A Palenque, la syllabe pa est céphalomorphe (en forme de tête). Peut-être, par marque de respect.
Enfin, pas tout à fait. "Les progrès ne sont pas linéaires, témoigne Jean-Michel Hoppan. On revient sur l’identification de certains glyphes, à la faveur de nouveaux compléments phonétiques. Et, désormais, après le lexique, on s’attache à reconstituer la grammaire. Il y aura toujours des incertitudes." Aujourd’hui, on a identifié près de 800 signes. On sait aussi que l’écriture se lit de gauche à droite, par colonne de deux. A ce jour, la plus ancienne écriture maya, trouvée à San Bartolo (actuel Guatemala), remonterait au 1er siècle avant Jésus-Christ.
Restent de nombreux mystères non résolus. Quelle fut l’origine de cette écriture ? La civilisation olmèque, qui connut une période d’épanouissement entre 1 200 et 600 ans av. J.-C., fut-elle la culture-mère de l’Amérique centrale ? C’est un objet de discussion. Il semble que les Olmèques avaient un système symbolique mais pas lié au langage. Autre inconnue : qui savait écrire dans la société maya ? seule une caste de scribes ? le peuple ? Certaines poteries ou stèles montrent des scènes d’écriture où l’on voit, entourés de serviteurs, des scribes - ou des princes ? - pinceau à la main et parmi lesquels on compte des femmes, aussi. Pourquoi, enfin, ne trouve-t-on plus d’inscriptions sur les monuments postérieurs au ixe siècle après Jésus-Christ ? Parce que les rois, incarnations des forces cosmiques, sont remplacés par des assemblées ? Les Mayas écrivaient pour trouver leur place dans le calendrier universel : en cessant d’écrire se sont-ils condamnés à mort ?
Toutes ces questions et bien d’autres encore trouveront, peut-être un jour, leur réponse dans des codex qui seraient miraculeusement préservés dans des grottes à l’air sec. Le roman du déchiffrement du code maya n’est pas achevé.









